Répression contre des antifascistes à Paris
mercredi 17 juin 2009 à 14:53 - En vrac - Lien permanent
Le premier juillet, à 9h, devant la 2e chambre du tribunal correctionnel de Paris, trois antifascistes parisiens passeront devant la justice, soupçonnées d’avoir participé en mai 2008 à des actions antifascistes contre un meeting du groupuscule néofasciste les Identitaires.
Les faits incriminés (des graffitis...) ne peuvent en rien
expliquer l'acharnement policier et judiciaire dont ils sont victimes :
perquisitions, gardes à vue prolongées, écoutes téléphoniques…
L'importance des moyens policiers déployés (mobilisation d'une
dizaine de fonctionnaires pendant 4 mois, technologies de repérage des
téléphones portables et d’Internet, relevés d'empreintes ADN…) montre
que l’essentiel est ailleurs, comme dans la répression qui s’est
abattue sur certains individus mobilisés aux côtés des sans-papiers :
recueillir de l’information sur les milieux politisés, donc dangereux
du point de vue policier, et intimider les individus engagés pour un
changement social radical.
Cette vague de répression s’inscrit dans une politique globale, à
l’œuvre dans tous les pays de l’Union européenne, aux Etats-Unis ou en
Russie. Une politique de longue haleine à laquelle la droite comme la
gauche françaises ont contribué ; une politique sécuritaire, où la
moindre différence, sexuelle, culturelle, sociale ou politique, peut
devenir a priori suspecte. Les lois sécuritaires qui donnent toujours
plus de pouvoir aux forces de répression, l’assimilation absurde de
toute lutte sociale à un terrorisme fantasmé qui sert de prétexte au
renforcement d’un véritable terrorisme d’Etat, mais aussi les
différentes mesures qui accroissent le pouvoir du patronat au détriment
de travailleurs précarisés, toutes ces mesures ont le même but :
insécuriser la population pour mieux sécuriser l’ordre social
capitaliste et étatique.
Ce procès nous rappelle que l’antifascisme est une lutte qui se
mène sur deux fronts : contre les mouvements d’extrême droite et
néofascistes, mais aussi contre l’Etat qui ne s’est jamais privé
d’instrumentaliser le fascisme ou d’emprunter ses techniques pour
assurer la stabilité de l’ordre social. Il nous rappelle que l’Etat de
droit est, aujourd’hui comme toujours, subordonné à la raison d’Etat,
que les promesses du libéralisme valent moins que les intérêts du
capitalisme ou la stabilité de l’ordre social et étatique, que la
police l’emporte encore et toujours sur la justice.
Ni prison, ni répression n’arrêteront nos rébellions ! Autonomie pour toutes et tous !
Le mercredi 1er juillet à 9h,
en soutien avec les antifascistes criminalisés,
Toutes et tous à la 2e chambre du tribunal correctionnel de Paris !
Scalp-Reflex Paris



